Le Pays Segréen en Haut-Anjou abrite nombre de belles demeures qui témoignent du rôle longtemps joué par l’aristocratie dans la vie locale. De nouveaux châteaux sont construits dans la seconde moitié du XIXème siècle par des hommes entreprenants, certains récemment anoblis, soucieux de mettre les terres en valeur et d’améliorer le sort des paysans. Le plus connu est le comte Alfred de Falloux (1811-1886). Il est célèbre pour avoir, comme député, réorganisé l’enseignement primaire et secondaire en 1850. Cependant, il est aussi le prototype de ces “gentlemen farmers” qui ne sont plus des seigneurs féodaux, mais relancent l’agriculture et restructurent le paysage en l’ornant des résidences qu’ils se font construire.

Cette politique n’est plus possible après la Première Guerre mondiale et le château de La Haye, commencé en 1902 et achevé en 1911 sur les plans de l’architecte Adrien Dubos*, est un des derniers édifiés dans un tel esprit. Il est donc le témoin d’une époque et porte  la marque d’une certaine intemporalité  avec une réelle audace moderniste. En effet, il n’est pas dans le style Néo-Gothique ou Renaissance en faveur à l’ère post-romantique : son architecture est plus classique, inspirée par les réussites des XVIIème et XVIIIème siècles, avec un parc à l’anglaise. D’autre part, l’utilisation du béton pour les planchers reflète une ouverture aux technologies nouvelles.

En 1899, le comte Georges Retailliau (1845-1903), souhaitant faire à son fils Robert (1874-1962) un cadeau digne de ce nom à l’occasion de son mariage avec Jacqueline de Cambourg (1878-1954), lui proposa de rénover le manoir Renaissance de La Hamonnière à Champigné ou de construire une demeure plus conforme à ses goûts. Il fut décidé d’édifier un nouveau château sur le site de La Haye au coeur des treize fermes avoisinantes déposées également dans la corbeille des mariés.
Les enfilades de salons et les pièces en rotonde reproduisent la configuration des plus beaux hôtels privés à Paris. Les décors et frises en stuc confèrent l’élégance requise pour les réceptions dans la haute société de la « Belle Époque ».

Au décès du comte Robert Retaillau en 1962, la propriété est cédée à une congrégation religieuse nantaise : “l’Orphelinat de Bethléem” qui hébergera de nombreux enfants pour leurs vacances d’été jusqu’en 1993 (quelques souvenirs d’enfants en cliquant ici). Le château accueillera également quelques jeunes des villages alentours pour leur préparation à la profession de Foi ou “communion solennelle”.

Revendu en 1993, en 2000 puis en 2008, le château de La Haye accueille aujourd’hui ses hôtes pour un séjour en Anjou (gîtes et chambres d’hôtes). Chantal et Michel Thépaut sont heureux de leur faire partager le bonheur de faire revivre cette agréable demeure.

* Adrien Dubos est né à Angers en 1845, il fait ses études à l’école des Beaux Arts de Paris sous la direction de Paccard et Jules André. Diplômé en 1868, il revient se fixer dans sa ville natale. Son œuvre très diverse se compose d’une centaine d’édifices, privés et publics, architecture religieuse et civile

Château de La Haye
49330 Contigné
Maine et Loire (49)
Tél. 02 41 76 18 73

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